Mesures anti-Covid à Marseille : Désobéir

msn.com – Libération – Mesures anti-Covid à Marseille : « Désobéir, y a que comme ça qu’on peut s’en sortir… ».

Par Stéphanie Harounyan – Vendredi 25 septembre 2020 à 22h45

© Patrick GHERDOUSSI Des restaurateurs, patrons de boîtes de nuit et cafetiers sont venus manifester ce vendredi devant le tribunal de commerce leur mécontentement après la décision de fermer l’ensemble des restaurants et bars de la métropole Aix-Marseille.

Alors que deux ministres étaient dans la ville ce vendredi pour justifier les mesures anti-Covid, la colère des professionnels de la restauration domine.

« C’est de ce jour que part la révolte marseillaise !» Bernard Marty a crié fort dans le porte-voix. Face au président de l’Umih (syndicat de l’hôtellerie-restauration), des centaines de professionnels s’étaient rassemblés ce vendredi matin devant le tribunal de commerce de Marseille. Des cafetiers et des restaurateurs venus de toute la métropole, mais aussi les fournisseurs, les travailleurs du secteur événementiel, les gérants de boîte de nuit… Tous vent debout, syndicats patronaux compris, contre le durcissement des mesures annoncées mercredi par le ministre de la Santé, Olivier Véran, notamment la fermeture dès ce samedi des bars et restaurants du territoire pour cause de covid galopant. La veille, les élus locaux étaient montés au créneau pour dénoncer une mesure « incompréhensible », un « affront » fait à Marseille au moment où les efforts déjà consentis ont permis d’infléchir les courbes de l’épidémie, certes légèrement.

Devant le tribunal, les écharpes tricolores sont nombreuses, toutes tendances politiques confondues. Présent notamment, Renaud Muselier, le président (LR) de la région, avait annoncé la veille qu’il déposerait un recours au tribunal administratif contestant l’arrêté préfectoral instaurant les nouvelles mesures. Arrêté qui se fait attendre. « On ferme samedi matin ? À minuit ? Comment voulez-vous gérer une entreprise comme ça ! », s’énerve Frédéric Jeanjean, secrétaire général de l’Umih et patron d’un restaurant proche du Vieux-Port. La veille, il a interpellé le préfet : « Je lui ai dit : « vous aimez les côtes de porc de l’Aveyron ? Parce que j’en ai 35 kilos pour vous ! Qu’on puisse au moins vider nos frigos !  » ». En colère, le restaurateur, qui dénonce un « deux poids deux mesures insupportable » : « Les théâtres, les centres commerciaux, les marchés restent ouverts, pourquoi que nous ? Si on est vraiment en danger, qu’ils aillent plus loin ! ».

Un cordon de CRS devant l’IHU : Leur incompréhension, les professionnels ont eu une occasion de la porter directement : Olivier Véran, le ministre de la Santé, est descendu à Marseille vendredi, accompagné d’Alain Griset, le secrétaire d’Etat aux petites et moyennes entreprises. Alors que le ministre de la Santé est annoncé à l’hôpital de la Timone en début d’après-midi, des manifestants ont prévu un comité d’accueil, en se postant devant l’IHU voisin du professeur Raoult. Dans un tweet posté le matin même, l’épidémiologiste leur a donné des arguments : « Aujourd’hui, les données de santé publique France ne sont pas en mesure de justifier la moindre panique concernant la circulation du virus à Marseille ».

À 14 heures, un cordon de CRS bloque l’accès à l’IHU, la foule devant se replier devant l’entrée voisine de la Timone. Derrière les grilles, quelques soignants badgés CGT attendent leur ministre. « Au lieu de fermer les bars, on ferait mieux d’ouvrir des lits, résume Guillaume Algrin, infirmier à l’AP-HM. Plutôt que d’adapter les moyens à la situation, le gouvernement adapte la réponse aux moyens qu’on peut mettre ». « Les aides, donnez-les aux soignants, pas à nous ! », répond en écho un restaurateur dans la foule cantonnée derrière le barrage policier. Un autre brandit une pancarte : « Désobéir, c’est sauver Marseille ». Depuis les annonces du ministre, certains restaurateurs annoncent qu’ils ouvriront malgré tout, malgré la menace d’une amende et d’une fermeture administrative. « C’est soit ça, soit la faillite et mon fils ne mange plus, s’énerve Yann. Désobéir, y a que comme ça qu’on peut s’en sortir… Comme en Amérique, sous la prohibition ». Pour le jeune homme, c’est la double peine : il gère un restaurant, mais aussi une salle de sport. « Après trois mois de confinement, on a essayé de remonter la pente cet été avec toute la France et l’Europe qui est venu nous donner le Covid et maintenant, on paye les pots cassés ! Et sans un centime d’euro d’aide de l’Etat ».

« On peut se concerter » : Olivier Véran est arrivé par une autre entrée. Au programme, visite du service de réanimation de la Timone et rencontre avec le personnel soignant, aux côtés desquels il tiendra un point presse. « J’ai parfaitement conscience que certaines des mesures […] soulèvent des inquiétudes, voire de la colère. […] Ces mesures sont nécessaires, elles sont temporaires mais elles ne sont pas arbitraires », a assuré le ministre. Pourquoi seulement les bars et les restaurants ? « Des études internationales montrent que jusqu’à quatre fois plus de personnes malades ont fréquenté un bar la semaine précédente par rapport aux personnes non malades », argumente le ministre, laissant aux soignants présenter longuement, chiffres à l’appui, la tension qui sévit actuellement dans les services hospitaliers marseillais, notamment en réanimation, où l’on veut à tout prix éviter de déprogrammer les patients non-Covid. « On ne peut pas prendre le risque que les Marseillais ne puissent pas suivre leur traitement », a encore rappelé Olivier Véran, qui a aussi répondu à la grogne des élus locaux qui auraient souhaité plus de concertation. « On peut se concerter, mais on ne peut pas prendre le risque de tergiverser. »

Au même moment, en préfecture, la discussion entre les organisations professionnelles et Alain Griset tourne court. « Il nous a répété ce qu’a dit le Premier ministre, ce n’est pas ce que j’appelle une concertation, s’énervait Frédéric Jeanjean à la sortie. Du coup, tous les acteurs économiques se sont levés et sont partis, même le Medef. » « Il vaut mieux fermer quinze jours que d’être confinés pendant trois mois », a encore tenté le secrétaire d’Etat. Ce qu’a répété Olivier Véran aux élus locaux, lors d’une ultime rencontre qui avait lieu en fin de journée. Seule maigre concession : les bars et restaurants fermeront finalement dimanche, pour laisser le temps aux professionnels de se retourner. Et la possibilité de se reparler dans sept jours, pour voir si l’amélioration des chiffres continue. « Une avancée significative », veut croire Renaud Muselier, qui attend désormais de voir le contenu de l’arrêté préfectoral, qui sera finalisé demain, pour décider de déposer ou non son recours.

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© Par Bernard TRITZ

Bulgarie, Sofia, Manifestations anticorruption

20minutes.fr – Monde – Bulgarie : À Sofia, les manifestations « anticorruption » dégénèrent. CRISE POLITIQUE : Pour la première fois depuis le début en juillet 2020, des manifestations quotidiennes contre le Premier ministre, la journée de mercredi a été marquée par des violences.

Par 20 Minutes avec AFP – Publié le 03/09/20 à 05h02 — Mis à jour le 03/09/20 à 05h02

Géolocalisation Sofia Bulgarie
Opposition violente entre manifestants et forces de l’ordre, à Sofia le 2 septembre 2020. — AFP

L’opposition au Premier ministre bulgare est montée mercredi d’un cran dans la violence. Au moins 55 personnes ont été blessées à Sofia lors de heurts entre les opposants à Boïko Borissov et la police. L’aval du Parlement donné au Premier ministre pour lancer son projet controversé de réécriture de la constitution cristallise le mécontentement des manifestants.

Pétards, pierres et bouteilles : Au bout d’une journée de tensions, les affrontements se sont intensifiés dans la capitale bulgare pendant la soirée, des manifestants jetant pendant une heure et demie des pétards, des pierres et des bouteilles sur les gendarmes qui protégeaient le siège du gouvernement et du parlement. Surtout, les manifestations ne semblent plus contrôlées. Les appels au calme des organisateurs n’ont en effet pas été écoutés, et les forces de police ont repoussé les participants sur une grande partie de la place, et interpellé 95 personnes.

Il s’agissait de la première journée marquée de violences depuis le début en juillet des manifestations quotidiennes contre la corruption. Des protestataires, toutes tendances confondues, réclament la démission du gouvernement et du procureur général Ivan Guechev auxquels ils reprochent « d’être liés à l’oligarchie ». Mercredi, 127 députés sur 240 ont donné leur accord au chef conservateur du gouvernement pour lancer des débats au sujet de la constitution, mais les militants « anticorruption » n’y voient qu’une manœuvre dilatoire.

« Usage disproportionné de la force » : « Démission ! », « mafia ! », ont scandé devant le bâtiment du Parlement des milliers de manifestants à l’adresse du Premier ministre. Des aérosols au gaz poivre et des bombes assourdissantes ont été utilisés pour la première fois en Bulgarie face à des cortèges, et l’ONG Comité Helsinki a protesté contre « un usage disproportionné de la force », une accusation que le chef de la police de Sofia, Georgy Hadzhiev, a rejetée.

Quelque 95 manifestants ont été interpellés, a déclaré un responsable de la police. Les forces de l’ordre ont précisé que certains des manifestants arrêtés étaient connus de leurs services comme étant des supporteurs de football ultras.

Le président en phase avec les manifestants : Selon les observateurs, la proposition de nouvelle constitution vise en fait à maintenir les conservateurs et leurs alliés nationalistes au pouvoir jusqu’à la fin de leur mandat en mars 2021. Le parti de la minorité turque MDL et l’opposition socialiste s’y sont opposés, la gauche y voyant une volonté de limiter les pouvoirs du président de la République, proche de ses positions. Dans un communiqué interne au Parlement, le président Roumen Radev, qui soutient les revendications des manifestants, a appelé les parlementaires à « sortir de cette crise avec dignité » en faisant le nécessaire pour ouvrir la voie à de futures élections.

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Liban, Beyrouth, Rien ne va plus !

20minutes.fr – Monde – Liban : Nouveaux heurts entre les forces de l’ordre et des manifestants à Beyrouth. MANIFESTATIONS : Il s’agit de la seconde journée consécutive d’affrontements qui intervient après l’explosion meurtrière au port de la capitale libanaise.

Par 20 Minutes avec AFP – Publié le 09/08/20 à 19h02 — Mis à jour le 09/08/20 à 19h49

Des manifestants jettent des pierres aux forces de sécurité, lors d’une manifestation contre le pouvoir, à Beyrouth, le 8 août 2020. — STR / AFP

La tension reste forte au Liban. Des nouveaux heurts ont éclaté dimanche soir dans le centre de Beyrouth entre les forces de l’ordre et un groupe de manifestants. Il s’agit de la deuxième journée consécutive d’affrontements après l’explosion meurtrière au port de la capitale libanaise.

Sur une avenue menant au Parlement, les manifestants ont jeté des pierres et tiré des feux d’artifice en direction de la police qui a répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes pour tenter de les disperser, a constaté un correspondant de l’AFP au lendemain de heurts similaires ayant fait des dizaines de blessés.

Les manifestants ont répondu à ces tirs en scandant « Révolution, Révolution ! ». Certains ont tenté d’escalader les imposantes barricades de fer érigées par la police pour protéger la rue menant au Parlement.

Samedi, des milliers de manifestants avaient brièvement pris d’assaut les ministères des Affaires étrangères, de l’Economie, de l’Energie, ainsi que l’Association des banques. Quelque 250 personnes ont été blessées dans les heurts de samedi, dont 65 hospitalisées, d’après la Croix-Rouge libanaise. Vingt personnes ont été interpellées, selon un comité d’avocats pour la défense des manifestants, qui a dénoncé la « violence excessive » des forces de l’ordre. Un policier est également mort d’une chute mortelle après avoir été agressé par des « émeutiers », selon la police.

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