Économie et Télétravail

msn.com – liberation.fr – Maintenir l’activité économique et télétravailler : entreprises et salariés sur un fil.

Par Frantz Durupt – liberation.fr – Publié le Jeudi 209 octobre 2020 à 16h00.

© LOIC VENANCE A Vertou, près de Nantes, le 14 mai.

Avec le re-confinement beaucoup de gens vont retrouver le télétravail, mais ils seront aussi plus nombreux en première ligne. Avec les risques sanitaires que cela comporte.

Si le re-confinement est un constat d’échecs, la doctrine du gouvernement sur le télétravail figure probablement parmi ceux-ci. Il y a deux semaines encore, alors qu’il annonçait un couvre-feu réduisant la vie des salariés de plusieurs régions à un rythme métro-boulot-dodo, Emmanuel Macron affirmait que les entreprises « ont besoin d’avoir de la présence au travail ». Il fallait donc, selon le président de la République, « que tout le monde soit présent au maximum », moyennant tout de même « deux à trois jours de télétravail par semaine » là où c’était possible. Le tout devant être fixé par le « dialogue social » au sein de chaque boîte.

Problème : depuis le déconfinement, de nombreuses entreprises n’ont pas tenu compte des recommandations du gouvernement et ont contraint leurs salariés à venir travailler sur site tous les jours ou presque, quand bien même ils auraient pu travailler de chez eux. Un exemple ? Celui de la RATP, où seulement 4 000 salariés faisaient du télétravail ces dernières semaines alors qu’ils étaient 12 000 éligibles, affirmait mercredi à Libération l’un de ses représentants syndicaux. Selon les dernières données de la Dares (rattachée au ministère du Travail) publiées en début de semaine, près de 70% des salariés travaillaient sur site à la fin du mois de septembre, en hausse par rapport au mois de juin, à la sortie du confinement.

Billes juridiques : À la manière du premier confinement, celui qui sera instauré dans la nuit de jeudi à vendredi devrait mécaniquement régler un certain nombre de situations. La règle semble désormais claire : « Dans le secteur privé, toutes les fonctions qui peuvent être télétravaillées doivent l’être cinq jours sur cinq », a dit devant l’Assemblée nationale le Premier ministre, Jean Castex, ce jeudi matin. Cette norme devrait être inscrite dans une nouvelle version du protocole sanitaire pour les entreprises dont la publication est attendue ce jeudi soir. Mercredi soir, le ministère du Travail rappelait le caractère contraignant que revêt à ses yeux ce protocole, qualifié par le Conseil d’Etat, dans une ordonnance rendue le 19 octobre, de « déclinaison opérationnelle » de l’obligation de protection des salariés qui échoit à l’employeur.

Le débat sur la nature réglementaire de ce document ne semble pourtant pas clos : dans son ordonnance, le Conseil d’Etat souligne aussi que le protocole constitue un « ensemble de recommandations ». Du côté patronal, le syndicat Plastalliance, qui avait déposé le recours sur lequel se prononçait le Conseil d’Etat, s’est donc empressé d’interpréter la décision des magistrats comme la preuve que le protocole n’est en réalité « pas contraignant ». Il n’en reste pas moins qu’un salarié qui contracterait le Covid-19 sur son lieu de travail alors qu’il pouvait télétravailler a de sérieuses billes juridiques pour pointer la responsabilité de son employeur.

Colère de la CGT : Pour de nombreux travailleurs, le second confinement devrait pourtant se révéler très différent du premier. D’abord parce que, souhaitant à tout prix éviter un ralentissement de l’économie aussi brutal que celui du printemps, le gouvernement veut cette fois-ci qu’un certain nombre de secteurs économiques continuent de tourner. « Maintenir une activité économique la plus soutenue possible est un impératif pour limiter les effets désastreux de la crise économique qui nous frappe déjà durement », a dit Jean Castex aux députés. Les usines, les chantiers du BTP et les exploitations agricoles devraient ainsi poursuivre leurs activités. Ensuite parce que les écoles, collèges et lycées devraient rester ouverts. Avec deux conséquences. D’une part, de nombreux salariés placés en chômage partiel durant le confinement ne devraient plus l’être cette fois-ci. Ce dispositif, qui a concerné jusqu’à 8,5 millions de personnes en avril, restera par ailleurs indemnisé par l’Etat à hauteur de 70% du salaire brut jusqu’à la fin de l’année. D’autre part, les personnels éducatifs vont rester en première ligne les prochaines semaines, dans des conditions sanitaires qui inquiètent nombre d’entre eux. Au point que parmi leurs syndicats, certains n’excluent pas des mobilisations, voire des recours au droit de retrait.

Cette décision politique a d’ores et déjà suscité la colère de la CGT. « Il est scandaleux d’affirmer que la situation sanitaire est plus grave qu’au printemps et, en même temps, prévoir une protection plus faible, en décidant de maintenir une activité économique plus importante, quoi qu’il en coûte en vies humaines », dénonce la confédération syndicale dans un communiqué publié ce jeudi, en pointant « la responsabilité » que portera le chef de l’Etat « si la situation devait encore se dégrader ».

Enfin, ce retour massif au travail à distance a lieu alors même que les conditions dans lequel il est pratiqué n’ont pas évolué pour nombre de salariés. Or, on sait que le télétravail confiné s’est accompagné d’un certain nombre de problèmes techniques (les salariés n’étant pas forcément dotés des bons outils) et de conséquences mentales (sentiment d’isolement, droit à la déconnexion peu voire pas respecté). Loin d’avoir été mise à profit pour fixer un cadre plus protecteur, la période post-confinement a vu le patronat traîner des pieds pour que des mesures soient prises. Si bien que les organisations syndicales et patronales ne parviendront sans doute pas à un accord fixant quelques règles de base avant la fin du mois de novembre. Et à ce stade, le gouvernement ne semble pas avoir prévu de mesures pour imposer des obligations aux entreprises.

Lire la Source : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/%c2%abmaintenir-lactivit%c3%a9-%c3%a9conomique%c2%bb-et-t%c3%a9l%c3%a9travailler-entreprises-et-salari%c3%a9s-sur-un-fil/ar-BB1avyrG

© Par Bernard TRITZ

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